LABdiff 10 : entre héritage et métamorphose
©Steffie Boucher
LABdiff 10 : entre héritage et métamorphose
C’est l’heure du 10e LABdiff pour Tangente. Au programme, Marcus Merasty et Noel Transcendance Vezina présenteront le fruit de trois semaines d’exploration. Le premier s’est inspiré de la thématique de la métamorphose, le deuxième de son amour pour la danse en ligne queer. Tous deux m’en parlent.
- Pouvez-vous me parler un peu de votre parcours ?
Marcus : je viens de la réserve, Wapâwikoscikanihk/Pelican Narrows, en Saskatchewan. J’ai fait mon école de danse à Winnipeg. Je suis souvent venu à Montréal pour travailler avec Lara Kramer. J’ai déménagé cet été puis ai travaillé sur mon premier solo à La Serre Arts Vivants avant cette opportunité à Tangente.
Noel : ma pratique de la danse est autodidacte. Je suis interprète et chorégraphe en danse contemporaine depuis 2018 et j’organise les soirées Spurs depuis 2023. Ça va être ma toute première création avec Tangente.
- Quelle a été votre inspiration de départ pour le LABdiff ?
Marcus : Je voulais poursuivre l’exploration des thèmes de mon solo donc d’où je viens, mes ancêtres, la terre où j’ai grandi… Mais aussi aller plus loin sur les sujets de transformation et de communication.
Noel : J’avais envie de faire une pièce qui est une ode à mon amour pour la danse en ligne queer. Et la place qu’elle a dans ma vie.
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- Marcus, c’est la première fois que tu chorégraphies pour des gens. Pourquoi ce choix et quel défi ça a soulevé?
Marcus : Ça m’a vraiment permis de reculer pour avoir une autre perspective. J’ai pris des artistes dont je suis proche, en qui j’ai confiance, qui sont sensibles à explorer de nouvelles choses. J’ai les ai aussi choisis parce qu’ils et elles ont des backgrounds et des perspectives très différentes, autochtones et européennes. C’était important pour moi au vu des thématiques que j’ai voulu aborder.
Côté défi, en plus de coordonner un horaire, ce qui n’est pas toujours facile, il a fallu que je comprenne comment transmettre ma vision quand ce n’est pas moi qui l’exécute. Et pour ça, il fallait bien choisir les mots. Comment montrer mon travail, dans mon corps, tout en les autorisant à vivre dedans ?
- Noel, toi à l’inverse, c’est un tout premier solo. Pourquoi ce choix et comment tu l’as vécu ?
Noel : le processus de création a été très collaboratif, notamment avec Joy à la l’éclairage, Adrian à la musique et Ariane aux mouvements. Sur scène, je ne suis pas vraiment seule, vu que la musique est live.
Mais j’ai quand même voulu être le seul danseur. D’habitude, il y a tout plein de gens pour les soirées de danse en ligne queer. Là j’avais envie de faire quelque chose d’un peu différent. C’est rare de la danse en ligne dans un théâtre, encore plus en solo. Ça permet de la regarder d’un autre angle.
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- Quels éléments peut-on retrouver dans votre pièce ?
Marcus : Beaucoup de matériels et d’images en lien avec l’histoire de mon grand-père ont été utilisés pour créer la chorégraphie. Artistiquement, c’était important pour moi d’intégrer plusieurs disciplines. Je pense beaucoup à comment les sons, les costumes et les lumières affectent le reste. On évoque les voyages de mes ancêtres sur des canots, leur connexion avec l’eau et la terre. J’ai enregistré des bruits de nature dans ma réserve, la voix de mon grand-père aussi. Je cherche vraiment à créer un paysage sonore aussi pour le public.
Noel : La plus grosse partie de la pièce revient à prendre un pas de danse en ligne qui existe, le faire en boucle, et l’amener ailleurs.
- Qu’espérez-vous susciter chez le public ?
Marcus : Je veux que le public soit capable d’avoir une connexion avec mon travail, même si c’est mon histoire.
Noel : J’espère que tout le monde pourra expérimenter la pièce de façon sensorielle, sensitive et intime.
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