Remember that time we met in the future? : cœurs groupés

©Robin P. Gould

La 20e édition du Festival TransAmériques (FTA) se poursuit jusqu’au 10 juin à Montréal. Au programme : danse et théâtre des quatre coins du monde. Les artistes d’ici y occupent aussi une place de choix. Tour d’horizon.

C’est au tour de Lara Kramer, qui présente Remember that time we met in the future? Du 6 au 9 juin au Théâtre Rouge du Conservatoire, de répondre à mes questions.

Lara est une habituée du FTA. C’est la cinquième ou sixième fois qu’elle y présente une création. Cependant, cela fait bien longtemps qu’elle n’a pas proposé une œuvre de groupe. « J’avais le désir de pousser plus loin ma méthodologie et mon travail. Créer pour un groupe était une opportunité pour moi d’étendre et d’asseoir mes différents processus, dans le corps, mais aussi la scénographie », exprime-t-elle.

Pour Remember that time we met in the future?, Lara s’est inspirée du mot « mno ode » qui signifie « bon cœur » en anishinaabemowin. « Un bon cœur, c’est un cœur qui bat, un cœur qui vit. C’est aussi la transmission, une façon de voir la vie, et une façon d’être, explique-t-elle. Les battements de cœur représentent la possibilité de grandir, d’un futur, d’une transformation, explique-t-elle. Et ces battements, ce cœur, se retrouvent partout : sur la terre, dans les mers, les paysages, les objets, etc. Dans tous les éléments. C’est aussi une connexion à la spiritualité ».

Plus que des objets

Avec Remember that time we met in the future?, Lara a donc voulu pousser l’idée du battement de cœur. « La pulsation pousse physiquement les danseur·euses, les amène dans des mouvements puissants, un rituel, jusqu’à entrer en transe », dit-elle.

Comme à son habitude, la créatrice propose une pièce qui s’appuie sur le corps, mais aussi plusieurs matériaux sur scène. « C’est un univers loin du quotidien, un espace ou chaque matériau est un symbole », décrit-elle. Et les danseur·euses interagissent avec ce qui se trouve sur scène. « C’est un véritable dialogue entre les interprètes, de façon interne, mais aussi avec les objets, de façon plus externe. Les matériaux ne sont jamais utilisés au sens propre, littéralement. Ils ont leur propre esprit aussi », continue-t-elle.  

Avec cette œuvre de groupe, Lara espère que le public ressente, lui aussi, l’effet de la pulsation cardiaque. « Énormément d’énergie est transmise de la part des interprètes. Le public aussi envoie son énergie, conclut-elle. J’espère qu’il y aura une véritable résonnance, que la transe devienne collective ».

Lara Kramer
Remember that time we met in the future?
Du 6 au 9 juin
Théâtre Rouge du Conservatoire

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©Robin P. Gould

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