Bottommost : rencontre sensorielle
©B. Brookbank
La 20e édition du Festival TransAmériques (FTA) se poursuit jusqu’au 10 juin à Montréal. Au programme : danse et théâtre des quatre coins du monde. Les artistes d’ici y occupent aussi une place de choix. Tour d’horizon.
On poursuit avec Emile Pineault qui présente Bottommost du 2 au 6 juin à l’UQAM.
« C’est un aboutissement dans ma carrière, un véritable rêve qui se réalise », raconte Emile Pineault lorsqu’on évoque le fait d’être programmé au FTA cette année. Il avait déjà collaboré avec le festival en tant que co-commissaire d’un événement, mais jamais en tant qu’interprète ou chorégraphe. « C’est vraiment très gros pour moi, mais j’essaye de rester groundé, de ne pas être trop impressionné, dit-il. Présenter cette œuvre-là au public en plus, c’est vraiment particulier pour moi ».
Cette pièce-là , Bottommost, Emile y pense depuis 2023. Il souhaitait alors poursuivre sa recherche sur le concept de « bottomness » qu’il avait mis en scène avec rock bottom et présenté, en solo, au MAI | Montréal, arts interculturels. « C’est une manière d’être en relation avec l’autre, à travers le risque de la vulnérabilité et de l’humiliation », explique-t-il.
Apprivoiser l’autre
Aux côtés de sa·on partenaire de scène Baco Lepage-Acosta, l’artiste souhaite cette fois-ci entrer davantage dans la relation en explorant l’intimité et le toucher. « Dans mes projets, il y a toujours une figure de chien qui apparait. Cette fois-ci, on plonge complètement dedans pour travailler ce companionship », poursuit-il. Ainsi, la fougue, la bagarre et l’esprit joueur du chien ont inspiré les créateur·rices pour cette œuvre.
Avec Bottommost, les deux danseur·euses apprennent à se connaître et s’apprivoisent sur scène, devant public. « On a décidé de s’y prendre comme les animaux le font : se sentir, se toucher, se lécher, se rapprocher, décrit-il. On creuse vraiment vers l’intimité en apprenant à se comprendre, à se connaitre ».
Dans cette nouvelle œuvre, la sensualité, la sexualité et la queerness sont présents. « On va se renifler à des places que les humains ne font pas en public normalement ! s’amuse Emile. Nous, on le voit comme un jeu, comme une manière de tester nos limites l’un·e et l’autre. Mais c’est sûr qu’il y a quelque chose d’érotique, de horny dans la pièce, qui pourrait toucher l’audience ».
En plus de l’excitation que Bottommost pourrait créer, le danseur souhaite que le public face appel à ses sens. « L’aspect sensoriel est vraiment poussé. Le son est important, englobant, multidimensionnel, mais il y a aussi des odeurs très particulières. Enfin, le fait que la lumière du jour puisse passer dans la salle provoque des sensations à travers les matières brutes, conclut-il. J’aimerais que les gens connectent au spectacle par leurs sens ».
Emile Pineault
Bottommost
Du 2 au 6 juin
À l’UQAM
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©B. Brookbank