Danse de la paix : corps et cœurs à l’unisson
©Guillaume Tremblay
Le 3 octobre prochain, au sommet du mont Royal, aura lieu la Danse de la paix. Événement propulsé par Mouvement de paix fondé il y a dix ans par Catherine Boulos, il célèbrera son troisième anniversaire. « Unir le monde par une danse interculturelle pour la paix » est le but de ce rassemblement. L’organisatrice nous en parle.
« J’avais une intuition, au fond de moi il y a longtemps, qu’il fallait que je crée une danse de la paix, se souvient Catherine Boulos, formée en psychologie et passionnée depuis toujours de l’art du mouvement. Au départ, j’ai d’abord organisé des événements pendant la Journée de la paix, à Montréal : discussions, visionnements de films, séance d’écriture optimiste, activités pédagogiques, etc. Puis petit à petit, j’ai contacté des artistes en danse pour faire des soirées. J’avais besoin de temps pour préciser ma pensée, me frayer un chemin ».
Ainsi, c’est en 2024 que Catherine Boulos décide d’élaborer son concept de danse de la paix. Pour cela, elle s’entoure de plusieurs artistes : Margie Gillis, Sarah Dell’Ava, Charles Brecard, Barbara Kaneratonni Diabo, Aly Keita et Amrita Choudhury. « Ce sont des personnes qui ont une démarche engagée, qui ne font pas seulement de belles choses sur scène. Leur travail est cohérent avec ce qui je voulais dans le projet : offrir un mouvement qui représente la paix et nous ancre dans la culture », poursuit Mme Boulos. Côté musique, elle fait appel à Regina Reichherzer (Reg Ina). « On y entend des tambours représentant les battements de cœurs et des sons de la nature notamment. Elle permet vraiment de relier le monde au sens large », dit-elle. Pour le lieu, aucun doute pour Mme Boulos : le mont Royal était une évidence. « C’est un lieu de rassemblement interculturel emblématique de Montréal, accessible à tout le monde. En plus, le belvédère s’appelle Kondiaronk, en wendat. Or, c’était un des leaders qui a fait en sorte que le traité de la Grance Paix de Montréal ait lieu. C’est un beau symbole », ajoute-t-elle.
Une fois la chorégraphie « simple et reproductible » créée, celle-ci la teste auprès de gens intéressés. Au sommet du mont Royal, pour la toute première édition, ils seront 60 à la danser. « Ce n’est pas une performance. Les gens dansent avec le cœur, remplis d’intentions claires », explique-t-elle. Pour la deuxième édition, Catherine Boulos décide de simplifier encore davantage, « pour éviter que les gens soient dans leur tête ». « Cette fois-ci, même pas besoin d’apprendre en avance les mouvements. Il suffit de venir sur place le jour même et de se laisser guider ». Ainsi, en 2025, 300 personnes étaient réunies pour danser et près du double regardaient l’unisson des corps.
Pour participer, c’est très simple et gratuit. Il suffit de s’inscrire en ligne. Une vidéo tutoriel est ensuite envoyé par courriel. « C’est une danse très inclusive. On peut la faire qu’on soit sur une chaise roulante ou qu’on ait 8 ans. Ce sont des gestes simples, essentiellement faits avec les bras », décrit l’organisatrice. Sur place, en plus du moment dansé, se trouve une banderole collective faite de fanions, cumulés à travers le temps. Les personnes présentent peuvent y ajouter un mot, un dessin, un message de paix dessus. Des kiosques et un DJ set complète l’après-midi.
Parcourir le monde
La danse de la paix ne s’est pas cantonnée à Montréal. Dès la deuxième année, Catherine Boulos a été invitée à la présenter à Nantes, en France, dans un cadre universitaire. « J’aimerais que le plus de gens possible connaissent cette danse. Elle fait beaucoup de bien. Ça se voit dans tous les sourires », témoigne Catherine Boulos.
Quand on parle d’avenir, Catherine Boulos souhaiterait que la danse de la paix s’ancre vraiment comme un événement annuel. Un rêve lui trotte aussi dans la tête. « J’aimerais qu’elle soit apprise et faite pour lors de l’accueil des nouveaux arrivants », imagine-t-elle, tout sourire.
Pour elle, ce moment collectif apporte bien plus que de la joie. « Des participants m'ont confié que la danse de la paix les aide à guérir. Elle cultiver une paix intérieure, conclut-elle. Elle donne un sentiment de pouvoir et d’équilibre. On entend tellement parler de guerre, de conflit, de polarisation. Or, tout le monde veut la paix, mais on n’en entend jamais parler, on ne le vit que très peu. La danse de la paix permet un petit moment de répit, de créer un contrepoids et de propulser les gens à insuffler plus de paix ».