Février Danse : la Gaspésie s’unit pour le mouvement
Hautes fréquences 2026 Marsoui ©Moïse Marcoux-Chabot
Pour la toute première fois, quinze partenaires culturels gaspésiens ont uni leurs forces pour promouvoir la danse au-devant de la scène. Cette initiative, nommée Février Danse, propose près d’une trentaine de spectacles, expériences et ateliers, et ce dans divers styles : danse contemporaine, streetdance, danse et technologie, etc. « Un foisonnement autour de la danse longtemps attendue » affirme Priscilla Guy, codirectrice d’un des organismes de la région, Mandoline Hybride.
« C’est vraiment un projet qui a émergé de manière organique, avec ce qu’il se passait déjà sur le territoire. Avec plusieurs diffuseurs et organismes, on s’est rendu compte qu’il y avait pas mal de danse de prévue en Gaspésie au mois de février : Hautes Fréquences, événement de streetdance qui offre des ateliers dans les écoles de la région, Gaspé et sa semaine de la danse, etc. Alors on s’est demandé : comment mettre en valeur ce qu’on fait déjà ? », raconte Priscilla Guy, codirectrice d’un des organismes de la région, Mandoline Hybride. Le but était alors de mettre la lumière sur des projets existants, sans imposer une nouvelle structure.
Pour la codirectrice de Mandoline Hybride, qui est aussi à la tête du festival Furies à Marsoui, cela démontre une réelle volonté locale de collaborer. « On est tous différents dans notre structure, notre façon de fonctionner, notre financement. Il y a des municipalités, des diffuseurs généraux, d’autres spécialisés en danse, etc. Ce n’est pas si fréquent que des partenaires qui œuvrent dans des secteurs différents arrivent à se mettre ensemble pour faire quelque chose. C’était une idée assez simple, mais qui va se déployer dans des collaborations pour le futur », pense-t-elle.
Avec l’aide de La danse sur les routes et de CAPAS – Label de danse, un site Internet a alors été mis en place. « Ça permet vraiment de rassembler toutes les activités, décrit Priscilla. Les gens accèdent au portail et filtrent ensuite selon la municipalité ou le type d’activités ». Réalité virtuelle, streetdance, danse contemporaine, swing, il y a en a pour tous les goûts. « Aller dans plusieurs sphères de la danse permet aux gens de voir ce qu’ils préfèrent, de piquer leur curiosité aussi. Un spectacle ou un atelier peut être aussi la porte d’entrée pour une personne qui ne côtoie pas habituellement la danse. C’est aussi pour provoquer ça que beaucoup d’activités sont gratuites ou vraiment pas chères », ajoute Priscilla.
Peau ©Moïse Marcoux-Chabot
Un public investi
Priscilla Guy, qui a déménagé en Gaspésie en 2018, une réelle « émulation collective » est en train de se produire pour la danse. « Il y a vraiment une constellation qui est en train de s’installer dans la région : Le Centre de création diffusion de Gaspé a dit vouloir s’engager pour la danse, une école de danse a aussi ouvert là-bas il y a quelques années, les festival Furies fonctionne maintenant depuis quelque temps, etc. Peu importe la région, les gens aiment la danse, mais ça prend les conditions favorables pour qu’elle existe », pense-t-elle.
De plus, selon son expérience et de récentes données, le public de la danse est plus investi que dans certains autres arts. « On dit souvent que la danse est l’art mal aimé, trop niché, qui ne trouve pas son public, mais c’est juste une façon différente que les gens ont de la fréquenter, de la consommer, explique-t-elle. Une personne qui va voir un spectacle d’humour ou un concert va s’acheter un gros événement par an. Les gens qui aiment la danse l’aiment vraiment et vont voir 5 spectacles dans la même année. Donc oui l’achalandage est moins grand, mais les gens apprécient la danse, conclut-elle. Donc plus on ajoute des propositions, plus ils sont contents. On ne se fait pas concurrence, bien au contraire ! ».
Février Danse
Partout en Gaspésie, pendant tout le monde
https://www.fevrierdanse.com/