Refonte : s’offrir en paysages

©Zoé Gagnon

Les 8 et 9 octobre, le collectif LAS, composé de Léa Ratycz-Légaré, Ariane Voineau et Sarah Booth, revient sur scène, à la salle Méduse – Multi à Québec, pour une deuxième création Refonte. Inspirées par le concept de métamorphose, elles proposent une pièce multidisciplinaire qui navigue entre installation et performance. J’ai discuté avec les trois artistes.

  • Pour commencer, pouvez-vous me parler un peu de votre parcours ?

LĂ©a : j’ai graduĂ© de l’école de danse de QuĂ©bec en 2014. Depuis, j’ai Ă©tĂ© engagĂ© comme interprète avec plusieurs chorĂ©graphes : Daniel BĂ©langer, Harld Rheaume, Annie Gagnon, Karine Ledoyen, etc. J’ai aussi travaillĂ© dans les milieux du théâtre et de l’opĂ©ra. Ma dĂ©marche personnelle, en tant que chorĂ©graphe, part toujours d’un Ă©tat Ă©motionnel que je vise Ă  rendre physique pour l transmettre au public.

Sarah : J’ai terminĂ© ma maĂ®trise en arts visuels en 2016, Ă  QuĂ©bec. Je fais partie de trois groupes d’artistes : le collectif 5 avec quatre autres femmes avec qui on dĂ©bute notre art avec du trait dessinĂ© pour aller dans l’espace par la gravure, l’installation, l’animation, la sculpture, etc. ; Canadian Bacon avec qui on organise des expositions d’art urbain et le collectif LAS.

Ariane : J’ai graduĂ© en 2008 du Ballet junior de Genève, en Europe puis je suis arrivĂ©e ensuite au QuĂ©bec pour trois mois, mais ne suis jamais repartie. Depuis, j’ai travaillĂ© avec Ă  peu près les mĂŞmes chorĂ©graphes que LĂ©a. J’ai aussi fait de la cocrĂ©ation dans un projet qui touche la petite enfance, Sous la feuille, qui a jouĂ© 175 fois depuis 2019.

  • Quelle est l’histoire de votre collectif ?

Ariane : En 2016, Sarah nous a invitĂ©s Ă  performer pendant une de ses expositions. Ça a Ă©tĂ© un coup de foudre, artistique et humain ! De suite, on a voulu crĂ©er ensemble. En 2018, on a montĂ© une courte forme pour le Mois Multi ; c’est lĂ  qu’on a trouvĂ© notre propre langage. Puis, on a commencĂ© Refonte en 2020, mais la pandĂ©mie a frappĂ©. Après la naissance de cinq bĂ©bĂ©s au sein du collectif, on est prĂŞtes Ă  accoucher de notre 6e enfant qu’est cette crĂ©ation.

  • Qu’est-ce qui vous rĂ©unit en tant que collectif ?

LĂ©a : on partage toutes les trois un amour pour les grands paysages, l’horizon, l’eau, que ce soit Saint-Raymond, Rimouski ou la Bretagne.

Sarah : on adore aussi concevoir des univers ensemble, on se complète sur plein de choses. On est vraiment comme une personne Ă  trois tĂŞtes, nos idĂ©es se nourrissent et s’emboĂ®tent parfaitement les unes et les autres.

Ariane : je crois qu’on a Ă©galement toutes un intĂ©rĂŞt pour dĂ©velopper une nouvelle Ă©criture, plus multidisciplinaire. On part toujours des Ĺ“uvres de Sarah, ou des images Ă©mergent puis on les fait vivre par nos corps. Ils deviennent matière et sont lĂ  pour servir les propositions artistiques de Sarah.

©Zoé Gagnon

  • Quelles sont les origines du projet Refonte ?

LĂ©a : le remaniement des choses, la transformation, la mĂ©tamorphose, la transition sont des concepts qui nous habitent. Oui, en rĂ©fĂ©rence Ă  l’écologie, la fonte des glaces, etc., mais aussi le simple amour pour la matière qui bouge.

Ariane : Il y a aussi le cĂ´tĂ© Ă©phĂ©mère des paysages qui naissent et disparaissent. L’aspect d'Ă©chelle aussi, d'une petite forme Ă  une très grande, nous a guidĂ©s.

Sarah : On a essayĂ© de crĂ©er un paysage vivant qui se crĂ©er pendant le spectacle et que le public put traverser.

  • Comment avez-vous créé ensemble ?

Sarah : c’est vraiment une multitude de discussions, des vas et vient d’échanges entre nous.

Ariane : la gestuelle a beaucoup Ă©tĂ© inspirĂ©e par les mouvements du papier, sa compression, son expansion, sa force et sa faiblesse. Sarah est un Ĺ“il extĂ©rieur pour la danse, elle la nourrit beaucoup, tant par ses commentaires en studio que sur scène par sa prĂ©sence.

LĂ©a : dans Refonte, on vit des sensations librement, sans idĂ©es prĂ©conçues.

  • Qu’espĂ©rez-vous susciter chez le public ?

Sarah : que chacun·e voit son propre paysage.

LĂ©a : c’est une invitation Ă  se laisser guider, porter, happer, par son imagination.

Collectif LAS (Léa Ratycz-Légaré, Ariane Voineau et Sarah Booth)

Refonte

Le 8 et 9 octobre à la salle Méduse-multi

Québec

Toutes les infos ICI.

©Zoé Gagnon

Suivant
Suivant

Diego Gil et Peng Hsu : de l’intellectuel au gestuel