The Formula Experience : ouvrir une nouvelle voie

©Courtoisie

Les 26 et 27 juin aura lieu la toute première Ă©dition de The Formula Experience, Ă  l’arĂ©na Martin Brodeur Ă  MontrĂ©al. Le concept : deux soirĂ©es de spectacles oĂą s’affrontent des Ă©quipes de 8 Ă  12 danseur.euse.s. Les deux instigateurs derrière le projet, le streetdancer Alexandre Phillipe Beaudoin, aka Bibiman, et l’entrepreneur StĂ©phane Morin, nous en disent plus.

« J’avais déjà organisé quelques initiatives, des exhibitions battles, des projets de groupe, mais là j’avais envie de donner une plateforme plus grande pour les artistes. Je voulais aussi que les gens se regroupent. À Montréal, il y a beaucoup d’individualités, tout le monde fait ses trucs dans son coin. Je trouve ça vraiment dommage. Alors j’ai pensé à un projet où tout le monde se met ensemble pour être capable de se pousser dans sa danse et de se montrer et s’exprimer devant un grand public », explique Bibiman qui évolue dans le monde du streetdance depuis 20 ans.

Ainsi, c’est en janvier 2025 que le streetdancer fait part de son idĂ©e Ă  StĂ©phane, propriĂ©taire de plusieurs compagnies dans l’évĂ©nementiel : Spectre Entertainment, ateliers JD et Espace Carte Blanche. « J’avais envie de travailler avec lui car il apporte toute son expĂ©rience et son expertise dans le cĂ´tĂ© technique, lumières, organisation d’évĂ©nements, logistiques. De mon cĂ´tĂ©, je me penche davantage sur la dramaturgie du spectacle, la direction artistique, la scène et les danseur.euse.s », poursuit-il.

StĂ©phane a embarquĂ© directement dans le projet. « C’est nouveau, innovateur et un challenge incroyable Ă  relever. ĂŠtre premier dans quelque chose, c’est nice », dit-il. Rapidement, les idĂ©es ont fusĂ©. « On a pensĂ© Ă  plein de concepts et d’élĂ©ments pour nourrir l’évĂ©nement : des Ă©crans gĂ©ants, des couloirs clĂ´turĂ©s comme dans la WWE, des replays, une zone VIP, des exposants, etc. On est allĂ©s chercher idĂ©es un peu partout pour en faire notre formule Ă  nous », dit-il.

Un battle pas comme les autres

Après des semaines d’échanges, les deux hommes se mettent finalement d’accord sur le concept de l’événement. The Formula Experience sera une compétition de chorégraphies, en groupe de 8 à 12 personnes, sur des concepts.

Le premier round, le top 32, est en mode battle. Une équipe en affronte une autre en performant la chorégraphie préparée, sur une musique au hasard. Le deuxième, top 16, est une performance, toujours chorégraphiée, de chaque équipe. Par la suite, les équipes restantes, top 8, montrent une autre création, basée sur un concept musical fort, avec la musique de leur choix. Pour le top 4, c’est le style et l’identité du groupe qui seront considérés, sur une musique au choix. Pour terminer, les finalistes s’affronteront sur les musiques sélectionnées par le DJ en direct, dans un dernier battle. Trois juges, Frederique Pax Dumas, Handy « Hya » Yacinthe et Devious, détermineront, à chaque étape, ceux et celles qui poursuivent la compétition. Des prix seront remis aux danseur.euse.s qui se rendent du top 4 à la finale.

Tous.tes les danseur.euse.s sont invité.e.s à participer. « C’est vraiment allstyles. Que les artistes viennent du ballet, du jazz, peu importe ! Ce qu’on veut voir, ce sont des performances, de la musicalité, et le respect des règlements », affirme Stéphane. L’événement se bâtit sur la culture hip-hop, tous comme les musiques qui sont choisies. « Il faut quand même une compréhension culturelle pour participer. Peu importe le style, mais il faut que l’identité des danseur.euse.s soient présente et que le style fonctionne sur du hip-hop », ajoute celui qui a gagné plus de 100 battles dans sa carrière.

Quelques crews ont été invités à participer à l’événement comme Gem.In.I, D’autres seront bientôt annoncés, mais il reste encore des places pour les équipes qui souhaitent se lancer dans l’aventure. Au total, Stéphane et Bibiman espèrent avoir 32 groupes adultes et le même nombre pour les enfants. « Il n’y a pas d’âge pour participer ni de niveau technique requis, explique Bibiman. Ce qu’on veut, c’est que les gens se parlent, se mettent ensemble pour partager des idées, et trouvent leur formule à eux. Il faut vraiment réfléchir à la performance, mais aussi au côté artistique du groupe, l’identité en arrière, pas juste du full out et des mouvements rapides et grands ».

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Des défis

StĂ©phane et Bibiman ont dĂ©boursĂ© de leurs poches pour monter ce projet d’envergure. Puisqu’il s’agit de la première Ă©dition, il est difficile de trouver des commanditaires ou du financement public.  Â« Je n’avais pas envie de faire d’abord une, deux ou trois petites Ă©ditions, dans un gymnase pour ensuite arriver Ă  ce qu’on a lĂ . On voulait faire gros dès le dĂ©but. Ça permet d’être placĂ© dans ce marchĂ©-lĂ  et de pouvoir se comparer aux plus grandes compĂ©titions », explique le danseur.

De plus, les deux entrepreneurs se désolent du peu de soutien de la part des studios de danse. « On sent de la résistance et c’est dommage, livre Bibiman. Beaucoup de jeunes aimeraient participer, mais ne reçoivent pas le support de leur studio. Parfois, c’est à cause de la logistique, je comprends, mais parfois non. On fait ça pour de bonnes raisons et de bon cœur, pour ouvrir des voies aux danseur.euse.s. C’est important qu’on soit tous ensemble là-dedans ».

Pour Stéphane, l’entraide est aussi primordiale. « On a analysé toutes les dates des autres compétitions déjà implantées pour ne pas être en même temps, ajoute-t-il. On n’est pas un compétiteur des compétitions. Au contraire, leur clientèle est la notre et vice versa. Il faudrait qu’on fasse attention à tous se parler, c’est tout ».

Offrir des opportunités

Avec The Formula Experience, Stéphane et Bibiman espèrent créer des occasions professionnelles pour les danseur.euse.s. « L’idée, c’est vraiment de highlight les danseurs, de les présenter d’une manière qu’ils n’ont jamais été présentés. Avec le look cinématographique qu’on a mis en place, ils vont se sentir comme des stars. On veut ouvrir un nouveau marché d’opportunités », développe Bibiman.

Avec son expérience, il a en effet constaté qu’il était difficile de vivre de la danse. « C’est dur d’être stable financièrement. Les danseur.euse.s n’ont pas beaucoup d’opportunités même s’ils et elles sont très bon.ne.s. Et parfois, c’est aussi de les pousser à avoir une bigger picture d’eux-mêmes. Faut que les gens arrêtent que ce soit fait, que la porte soit ouverte, avant de se lancer. Il faut essayer, toujours insister », poursuit-il. Les deux entrepreneurs espèrent aussi développer des projets connexes à The Formula Experience, notamment en cinéma. « Les films sont une avenue intéressante pour les danseur.euse.s, pou vraiment se faire de l’argent, dit-il. Alors on aimerait beaucoup se lancer là-dedans ».

Bibiman et Stéphane espèrent que la première édition de The Formula Experience sera un succès. Ils ont déjà des idées en tête pour la suite. « Déjà, on aimerait que l’aréna soit rempli, ce serait un rêve, dit Stephane. Par la suite, on aimerait que ce soit un événement annuel et après pourquoi pas ajouter une autre ville de Montréal en 2027, puis une troisième en 2028. On aimerait présenter des talents d’un peu partout ». Bibiman conclut en pensant déjà à l’international. « On aimerait ça faire des qualifications un peu partout dans le monde puis que l’événement principal, le battle final se déroule à Montréal ».


The Formula Experience
Les 26 et 27 juin
À l’aréna Martin Brodeur à Montréal

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